Mains levées en invocation doua de protection contre la sorcellerie et les djinns en islam

Doua contre la sorcellerie et les djinns en islam

Les invocations authentiques de protection contre le sihr et les djinns, tirées du Coran et de la Sunna. Ayat al-Kursi, al-Mu'awwidhat, roqya et douas prophétiques en arabe, phonétique et traduction.

En résumé

La sorcellerie (sihr) et les djinns sont des réalités mentionnées dans le Coran et la Sunna. L'islam offre un arsenal complet de protection spirituelle : Ayat al-Kursi, les sourates al-Falaq et an-Nas, la roqya shar'iyya et de nombreuses douas prophétiques. Le Prophète (paix et salut sur lui) a lui-même été victime de sorcellerie et a été guéri par la révélation divine. Chaque musulman peut et doit se protéger quotidiennement par ces invocations authentiques.

La sorcellerie (sihr) en islam : définition et statut

Le terme arabe sihr (سحر) désigne la sorcellerie, c'est-à-dire l'ensemble des pratiques occultes par lesquelles une personne cherche à nuire à autrui en recourant aux djinns et aux forces invisibles. En islam, la sorcellerie est une réalité confirmée par le Coran et la Sunna, et son statut juridique est sans ambiguïté : c'est un péché majeur qui constitue de la mécréance (kufr).

Allah mentionne explicitement la sorcellerie dans le Coran, notamment dans sourate al-Baqara : « Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Soulayman. Ce n'est pas Soulayman qui a mécru, mais les diables ont mécru en enseignant aux gens la sorcellerie » (Coran, 2:102). Ce verset établit clairement que la sorcellerie est liée à l'action des shayatines (démons) et qu'elle constitue une forme de mécréance.

اجتنبوا السبع الموبقات: الشرك بالله، والسحر...

« Évitez les sept péchés destructeurs : l'associationnisme (shirk), la sorcellerie (sihr)... »

Rapporté par al-Bukhari (2766) et Muslim (89)

Ce hadith classe la sorcellerie immédiatement après le shirk parmi les péchés les plus graves en islam. Le sorcier (sahir) fait appel aux djinns en leur offrant des actes de mécréance en échange de leur aide pour nuire aux gens. C'est pourquoi les savants considèrent unanimement que pratiquer la sorcellerie annule l'islam de celui qui s'y adonne.

Quant aux djinns (جن), ce sont des créatures d'Allah faites de feu, dotées de libre arbitre comme les êtres humains. Parmi eux se trouvent des musulmans et des mécréants, des pieux et des malfaisants. Les djinns mécréants, appelés shayatines, sont ceux que les sorciers invoquent pour accomplir leurs méfaits. Allah dit : « Et parmi nous il y a des musulmans et des injustes » (Coran, 72:14). Cependant, le croyant ne doit ni les craindre excessivement ni les ignorer : il doit se protéger par les moyens que le Coran et la Sunna ont prescrits.

  • Le sihr est un péché majeur : classé parmi les sept péchés destructeurs (al-mubiqat), juste après l'associationnisme.
  • Les djinns sont des créatures réelles : mentionnés dans plus de trente versets du Coran, ils vivent dans un monde parallèle au nôtre.
  • Le remède est dans le Coran : Allah a révélé dans Son Livre les moyens de se protéger et de se guérir de toute atteinte occulte. La doua de protection en islam est le premier bouclier du croyant.
Coran ouvert avec calligraphie dorée illustrant les versets de protection contre la sorcellerie

Ayat al-Kursi : le plus grand verset de protection

Ayat al-Kursi (le verset du Trône), verset 255 de sourate al-Baqara, est considéré par le Prophète (paix et salut sur lui) comme le plus grand verset du Coran. Sa récitation constitue l'un des plus puissants moyens de protection contre la sorcellerie, les djinns et tout mal invisible.

اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْحَيُّ الْقَيُّومُ ۚ لَا تَأْخُذُهُ سِنَةٌ وَلَا نَوْمٌ ۚ لَّهُ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ ۗ مَن ذَا الَّذِي يَشْفَعُ عِندَهُ إِلَّا بِإِذْنِهِ ۚ يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ ۖ وَلَا يُحِيطُونَ بِشَيْءٍ مِّنْ عِلْمِهِ إِلَّا بِمَا شَاءَ ۚ وَسِعَ كُرْسِيُّهُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ ۖ وَلَا يَئُودُهُ حِفْظُهُمَا ۚ وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ

Phonétique : Allahu la ilaha illa Huwal-Hayyul-Qayyum, la ta'khudhuhu sinatun wa la nawm, lahu ma fis-samawati wa ma fil-ard, man dhal-ladhi yashfa'u 'indahu illa bi-idhnih, ya'lamu ma bayna aydihim wa ma khalfahum, wa la yuhituna bishay'in min 'ilmihi illa bima sha'a, wasi'a kursiyyuhus-samawati wal-ard, wa la ya'uduhu hifdhuhu ma, wa Huwal-'Aliyyul-'Adhim

« Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand »

Coran, sourate al-Baqara (2:255)

إذا أويت إلى فراشك فاقرأ آية الكرسي، فإنه لا يزال عليك من الله حافظ ولا يقربك شيطان حتى تصبح

« Lorsque tu te rends à ton lit, récite Ayat al-Kursi. Un protecteur de la part d'Allah ne cessera de veiller sur toi et aucun démon ne s'approchera de toi jusqu'au matin. »

Rapporté par al-Bukhari (2311)

Ce hadith, rapporté par Abu Hurayra, est remarquable car c'est un shaytane lui-même qui a révélé cette vérité au compagnon, et le Prophète (paix et salut sur lui) a confirmé ses propos en disant : « Il t'a dit vrai, bien qu'il soit un grand menteur. » Ainsi, même les djinns reconnaissent la puissance de ce verset et fuient devant sa récitation.

Les savants recommandent de réciter Ayat al-Kursi dans plusieurs circonstances : après chaque prière obligatoire, avant de dormir, au matin et au soir dans le cadre des adhkar, et à chaque fois que l'on ressent une crainte ou une menace spirituelle. Sa récitation régulière crée une protection divine continue qui empêche les shayatines et les djinns malfaisants de s'approcher du croyant.

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Al-Mu'awwidhat : les sourates al-Falaq et an-Nas

Les Mu'awwidhat (المعوذات) désignent les sourates par lesquelles le musulman cherche refuge auprès d'Allah. Elles regroupent sourate al-Falaq (113) et sourate an-Nas (114), auxquelles on ajoute parfois sourate al-Ikhlas (112). Ces sourates ont été révélées spécifiquement comme protection contre la sorcellerie et le mal invisible, et le Prophète (paix et salut sur lui) les récitait chaque jour.

Sourate al-Falaq (L'Aube naissante)

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ ۝ مِن شَرِّ مَا خَلَقَ ۝ وَمِن شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ ۝ وَمِن شَرِّ النَّفَّاثَاتِ فِي الْعُقَدِ ۝ وَمِن شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ

Phonétique : Qul a'udhu bi Rabbil-falaq, min sharri ma khalaq, wa min sharri ghasiqin idha waqab, wa min sharrin-naffathati fil-'uqad, wa min sharri hasidin idha hasad

« Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur de l'aube naissante, contre le mal de ce qu'Il a créé, contre le mal de l'obscurité quand elle s'approfondit, contre le mal de celles qui soufflent sur les noeuds, et contre le mal de l'envieux quand il envie »

Coran, sourate al-Falaq (113:1-5)

Le verset « contre le mal de celles qui soufflent sur les noeuds » (an-naffathat fil-'uqad) est une référence directe à la sorcellerie. Les exégètes expliquent que les sorcières et sorciers nouaient des noeuds en soufflant dessus pour jeter des sorts. Allah a révélé cette sourate pour que le croyant cherche refuge contre cette pratique maléfique.

Sourate an-Nas (Les Hommes)

قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ ۝ مَلِكِ النَّاسِ ۝ إِلَٰهِ النَّاسِ ۝ مِن شَرِّ الْوَسْوَاسِ الْخَنَّاسِ ۝ الَّذِي يُوَسْوِسُ فِي صُدُورِ النَّاسِ ۝ مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِ

Phonétique : Qul a'udhu bi Rabbin-nas, Malikin-nas, Ilahin-nas, min sharril-waswasil-khannas, alladhi yuwaswisu fi sudurin-nas, minal-jinnati wan-nas

« Dis : Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes, le Souverain des hommes, le Dieu des hommes, contre le mal du tentateur furtif, qui souffle le mal dans les poitrines des hommes, qu'il soit parmi les djinns ou les hommes »

Coran, sourate an-Nas (114:1-6)

Sourate an-Nas mentionne explicitement les djinns (al-jinna) comme source de waswas (suggestions maléfiques). Cette sourate protège donc directement contre l'influence des djinns sur l'esprit et le coeur du croyant. La récitation combinée d'al-Falaq et an-Nas couvre ainsi les deux aspects de la menace occulte : la sorcellerie extérieure et l'influence intérieure des djinns.

قل هو الله أحد والمعوذتين حين تمسي وحين تصبح ثلاث مرات تكفيك من كل شيء

« Récite 'Qul Huwa Allahu Ahad' et les deux sourates protectrices (al-Falaq et an-Nas) trois fois le matin et le soir : elles te suffiront contre toute chose. »

Rapporté par Abu Dawud (5082), at-Tirmidhi (3575)
Mains levées en prière et invocation de protection contre la sorcellerie et les djinns

La roqya shar'iyya : la guérison par le Coran

La roqya shar'iyya (الرقية الشرعية) désigne le traitement légitime en islam contre la sorcellerie, la possession par les djinns et le mauvais oeil. Elle consiste à réciter des versets du Coran et des invocations prophétiques authentiques sur la personne atteinte, en plaçant toute sa confiance en Allah comme seul Guérisseur véritable.

Le Prophète (paix et salut sur lui) a approuvé et pratiqué la roqya. Il a posé trois conditions pour qu'elle soit licite : qu'elle soit faite avec les paroles d'Allah (le Coran) ou Ses Noms et Attributs, qu'elle soit en langue arabe ou dans une langue compréhensible, et que le praticien et le patient croient que la guérison vient uniquement d'Allah et non de la roqya elle-même.

La méthode de la roqya shar'iyya comprend plusieurs étapes. Tout d'abord, le raqi (celui qui pratique la roqya) récite sourate al-Fatiha, Ayat al-Kursi, les derniers versets de sourate al-Baqara, les sourates al-Falaq et an-Nas sur le malade. Il peut également souffler dans de l'eau après y avoir récité le Coran, que le malade boira ou utilisera pour se laver. L'huile d'olive et le miel, mentionnés dans la Sunna, peuvent accompagner le traitement.

1

Se purifier et faire ses ablutions

Avant de pratiquer la roqya, il est recommandé d'être en état de pureté rituelle. Les ablutions (wudu) renforcent la connexion spirituelle avec Allah et donnent plus de force à la récitation.

2

Réciter les versets de protection

Lire al-Fatiha (7 fois), Ayat al-Kursi, les deux derniers versets de sourate al-Baqara, sourate al-Falaq et sourate an-Nas (3 fois chacune). Le raqi place sa main sur la partie douloureuse ou sur la tête du malade.

3

Souffler légèrement après la récitation

Le Prophète (paix et salut sur lui) soufflait dans ses mains après avoir récité les Mu'awwidhat, puis les passait sur son corps. Cette pratique (nafth) est une Sunna authentique et un moyen de transmettre la bénédiction de la récitation coranique.

4

Persévérer dans le traitement

La roqya n'est pas un acte ponctuel mais un processus qui peut nécessiter de la régularité. Il faut maintenir les adhkar quotidiens, la lecture du Coran et les prières obligatoires pour renforcer la protection spirituelle. La guérison vient d'Allah selon Son timing et Sa sagesse.

Il est essentiel de distinguer la roqya shar'iyya de la sorcellerie déguisée. Certains charlatans prétendent pratiquer la roqya tout en utilisant des talismans, des écritures incompréhensibles, de l'encens spécifique ou en demandant des informations sur la mère du patient. Ces pratiques sont des signes de sorcellerie et non de roqya légitime. Le musulman doit être vigilant et ne consulter que des praticiens dont la méthode se limite au Coran et aux douas prophétiques authentiques. Pour en savoir plus sur les invocations de protection, consultez notre article sur la doua de protection contre le mauvais oeil.

Les douas prophétiques de protection contre le sihr et les djinns

En plus des sourates coraniques, le Prophète (paix et salut sur lui) a enseigné de nombreuses invocations spécifiques pour se protéger contre la sorcellerie, les djinns et tout mal invisible. Ces douas constituent un bouclier spirituel quotidien que tout musulman devrait intégrer dans sa routine matinale et vespérale.

1. A'udhu bi kalimatillahi at-tammati

Cette invocation est l'une des plus importantes pour la protection quotidienne. Le Prophète (paix et salut sur lui) la récitait chaque soir et l'enseignait à ses compagnons comme un rempart contre tout mal.

أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ

Phonétique : A'udhu bi kalimatillahi at-tammati min sharri ma khalaq

« Je cherche refuge dans les paroles parfaites d'Allah contre le mal de ce qu'Il a créé »

Rapporté par Muslim (2708)

2. Doua de protection pour les enfants

Le Prophète (paix et salut sur lui) récitait cette invocation sur al-Hasan et al-Husayn, ses petits-fils, pour les protéger des djinns et du mauvais oeil. Il enseignait cette pratique en rappelant qu'Ibrahim (paix sur lui) faisait de même pour Isma'il et Ishaq.

أُعِيذُكُمَا بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّةِ مِنْ كُلِّ شَيْطَانٍ وَهَامَّةٍ وَمِنْ كُلِّ عَيْنٍ لَامَّةٍ

Phonétique : U'idhukuma bi kalimatillahi at-tammati min kulli shaytanin wa hammah, wa min kulli 'aynin lammah

« Je vous place sous la protection des paroles parfaites d'Allah contre tout démon, tout animal venimeux et contre tout mauvais oeil »

Rapporté par al-Bukhari (3371)

3. Doua en arrivant dans un lieu

Cette invocation protège celui qui descend dans un lieu (voyage, hôtel, nouveau logement) contre tout mal, y compris les djinns qui pourraient habiter cet endroit.

أَعُوذُ بِكَلِمَاتِ اللَّهِ التَّامَّاتِ مِنْ شَرِّ مَا خَلَقَ

Phonétique : A'udhu bi kalimatillahi at-tammati min sharri ma khalaq

« Je cherche refuge dans les paroles parfaites d'Allah contre le mal de ce qu'Il a créé »

Rapporté par Muslim (2708)

Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit à propos de cette invocation : « Celui qui descend dans un lieu et dit cette doua, rien ne lui nuira jusqu'à ce qu'il quitte ce lieu. » Cette garantie prophétique souligne l'efficacité absolue de cette invocation comme bouclier de protection.

4. Bismillah alladhi la yadurru ma'asmihi shay'

Cette doua du matin et du soir offre une protection complète contre tout mal, terrestre et céleste, visible et invisible. Sa récitation trois fois le matin et trois fois le soir constitue un bouclier impénétrable.

بِسْمِ اللَّهِ الَّذِي لَا يَضُرُّ مَعَ اسْمِهِ شَيْءٌ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي السَّمَاءِ وَهُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ

Phonétique : Bismillahi alladhi la yadurru ma'asmihi shay'un fil-ardi wa la fis-sama'i wa Huwas-Sami'ul-'Alim

« Au nom d'Allah, avec le nom duquel rien sur terre ni dans le ciel ne peut nuire, et Il est l'Audient, l'Omniscient »

Rapporté par Abu Dawud (5088), at-Tirmidhi (3388)

Le Prophète (paix et salut sur lui) et l'épreuve de la sorcellerie

L'un des épisodes les plus importants liés à la sorcellerie en islam est celui où le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) fut lui-même victime d'un sort. Cet événement, rapporté dans les recueils authentiques, confirme la réalité de la sorcellerie tout en montrant qu'Allah protège et guérit ceux qui se tournent vers Lui.

Selon le hadith rapporté par al-Bukhari et Muslim, un homme juif de Médine nommé Labid ibn al-A'sam jeta un sort au Prophète (paix et salut sur lui). Le sort fut placé dans un peigne et des cheveux noués, puis caché dans un puits appelé Dharwan. L'effet de cette sorcellerie était que le Prophète avait parfois l'impression d'avoir fait quelque chose qu'il n'avait pas fait. Cependant, cela n'a jamais affecté sa mission prophétique ni la révélation divine.

سُحِرَ النبيُّ صلى الله عليه وسلم حتى كان يُخَيَّلُ إليه أنه يفعل الشيءَ وما يفعله

« Le Prophète (paix et salut sur lui) fut ensorcelé au point qu'il lui semblait parfois avoir fait une chose qu'il n'avait pas faite. »

Rapporté par al-Bukhari (3175) et Muslim (2189)

Allah envoya alors l'ange Jibril (Gabriel) au Prophète pour l'informer de la nature du sort et de son emplacement. Selon certaines narrations, c'est à cette occasion que furent révélées les sourates al-Falaq et an-Nas. Le Prophète envoya Ali ibn Abi Talib récupérer le peigne ensorcelé dans le puits. En récitant les onze versets des Mu'awwidhat (al-Falaq et an-Nas), les onze noeuds du sort se dénouèrent un à un, et le Prophète fut complètement guéri.

Cet épisode contient plusieurs enseignements majeurs pour le musulman. Premièrement, si le meilleur des hommes, le Prophète (paix et salut sur lui), a pu être touché par la sorcellerie, cela signifie que nul n'est à l'abri et que la protection quotidienne est indispensable. Deuxièmement, la guérison est venue exclusivement par le Coran et la révélation divine, ce qui confirme que le Livre d'Allah est le remède par excellence contre tout mal occulte. Troisièmement, le Prophète n'a pas cherché vengeance contre le sorcier, montrant ainsi un modèle de pardon et de confiance en Allah.

  • La sorcellerie n'a pas affecté la révélation : le sort n'a jamais altéré la transmission du message divin ni la relation du Prophète avec Allah.
  • Le Coran est le remède : la guérison est venue par les sourates al-Falaq et an-Nas, confirmant leur rôle central dans la protection spirituelle.
  • Le pardon plutôt que la vengeance : le Prophète a pardonné au sorcier, enseignant que la confiance en Allah est supérieure à la rancune. Pour approfondir les douas en islam, consultez notre guide complet.

Conseils pratiques pour se protéger au quotidien

La protection contre la sorcellerie et les djinns n'est pas un acte ponctuel mais une démarche quotidienne qui s'intègre dans la vie du musulman. Le Prophète (paix et salut sur lui) avait une routine de protection spirituelle que tout croyant peut et doit adopter. Voici les pratiques essentielles à mettre en place chaque jour.

Les adhkar du matin et du soir

Réciter chaque matin et chaque soir les invocations prophétiques : Ayat al-Kursi, les trois dernières sourates (3 fois chacune), « Bismillahi alladhi la yadurru... » (3 fois) et « A'udhu bi kalimatillahi at-tammati... ». Cette routine constitue le bouclier de base du musulman.

Dire Bismillah en toute circonstance

Prononcer « Bismillah » avant de manger, de boire, d'entrer chez soi, de se déshabiller et d'entrer aux toilettes. Le Prophète a dit que Bismillah ferme la porte aux shayatines et les empêche de partager notre nourriture et notre foyer.

Réciter sourate al-Baqara chez soi

Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Ne faites pas de vos maisons des tombeaux. Le diable fuit la maison dans laquelle sourate al-Baqara est récitée » (Muslim). Lire cette sourate régulièrement chez soi éloigne les djinns de manière durable.

Maintenir les cinq prières

Les cinq prières quotidiennes sont le pilier de la protection spirituelle. Le musulman qui prie régulièrement maintient un lien constant avec Allah qui constitue le plus puissant rempart contre toute atteinte occulte. La prière est lumière, preuve et protection.

Au-delà de ces pratiques quotidiennes, il est important de maintenir une hygiène spirituelle globale : éviter les péchés qui affaiblissent la protection divine, se repentir régulièrement, maintenir la lecture quotidienne du Coran et renforcer sa confiance en Allah (tawakkul). Le musulman qui combine ces éléments se construit une forteresse spirituelle que ni la sorcellerie ni les djinns ne peuvent pénétrer, bi idhnillah (avec la permission d'Allah).

  • Ne jamais consulter de voyant ou sorcier : le Prophète a averti que celui qui consulte un devin voit sa prière rejetée pendant 40 jours (Muslim).
  • Éviter les talismans et amulettes : porter des talismans (tamima) est interdit en islam. Le Prophète a dit : « Celui qui porte une amulette a commis du shirk » (Ahmad).
  • Placer sa confiance en Allah seul : le tawakkul (confiance en Allah) est la clé de toute protection. Allah dit : « Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit » (Coran, 65:3). Pour découvrir d'autres douas de protection en islam, consultez notre guide dédié.

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Questions fréquentes

Les meilleures douas contre la sorcellerie sont les sourates al-Falaq et an-Nas (al-Mu'awwidhat), Ayat al-Kursi (verset 255 de sourate al-Baqara) et l'invocation « A'udhu bi kalimatillahi at-tammati min sharri ma khalaq » (Je cherche refuge dans les paroles parfaites d'Allah contre le mal de ce qu'Il a créé). Le Prophète (paix et salut sur lui) récitait ces invocations chaque soir avant de dormir.

Pour se protéger des djinns, la Sunna recommande de réciter Ayat al-Kursi chaque soir, de lire les trois dernières sourates du Coran (al-Ikhlas, al-Falaq, an-Nas) trois fois matin et soir, de dire « Bismillah » avant d'entrer chez soi, aux toilettes et avant de manger, et de réciter la doua « A'udhu bi kalimatillahi at-tammati min sharri ma khalaq » le soir. Ces pratiques constituent un bouclier spirituel quotidien.

La roqya shar'iyya est la guérison par la récitation du Coran et des invocations prophétiques authentiques. Elle consiste à lire des versets coraniques (al-Fatiha, Ayat al-Kursi, les Mu'awwidhat) et des douas du Prophète sur la personne atteinte de sorcellerie ou de possession. La roqya est licite en islam à condition de n'utiliser que le Coran, les douas authentiques et la langue arabe compréhensible, sans recourir à des talismans ou à des pratiques occultes.

Oui, la sorcellerie (sihr) est une réalité confirmée par le Coran et la Sunna. Allah mentionne la sorcellerie dans sourate al-Baqara (2:102) et sourate al-Falaq (113:4). Le Prophète (paix et salut sur lui) a lui-même été victime d'un sort jeté par Labid ibn al-A'sam, et Allah l'a guéri par la révélation des sourates al-Falaq et an-Nas. La sorcellerie est un péché majeur et fait partie des sept péchés destructeurs.

Oui, il est tout à fait permis et même recommandé de pratiquer la roqya sur soi-même. Le Prophète (paix et salut sur lui) se faisait lui-même la roqya en récitant les Mu'awwidhat et en soufflant dans ses mains avant de les passer sur son corps. Chaque musulman peut réciter le Coran, souffler dans ses mains et passer celles-ci sur les parties de son corps qu'il peut atteindre.

Les signes évoqués par les savants incluent un changement soudain et inexplicable de comportement, des cauchemars récurrents, un éloignement inexpliqué entre époux, des maladies sans cause médicale identifiable, et une aversion soudaine pour la prière ou la lecture du Coran. Cependant, ces signes ne sont pas des preuves formelles et il est essentiel de consulter d'abord un médecin avant de conclure à un envoûtement.

Non, il est strictement interdit en islam de consulter un sorcier (sahir), un voyant ou un devin pour annuler la sorcellerie. Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit : « Celui qui va voir un devin et le croit en ce qu'il dit a mécru en ce qui a été révélé à Muhammad » (Ahmad). Le remède légitime est la roqya shar'iyya par le Coran et les invocations prophétiques.

Il n'y a pas de durée fixe pour un traitement par la roqya. Certaines personnes ressentent un soulagement immédiat, tandis que d'autres nécessitent une pratique régulière sur plusieurs semaines. Les savants recommandent la constance dans la récitation quotidienne du Coran, des adhkar du matin et du soir, et des douas de protection. La guérison vient d'Allah et son timing relève de Sa sagesse.

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