À retenir
- La zakat est le troisième pilier de l'islam, une obligation pour tout musulman dont la richesse atteint le nisab (seuil minimum).
- Le Coran et les hadiths définissent huit catégories de bénéficiaires de la zakat, garantissant une redistribution juste des richesses.
- Le Prophète ﷺ a averti d'un châtiment sévère au Jour du Jugement pour celui qui refuse de s'acquitter de la zakat.
- La zakat al-fitr est une aumône obligatoire à la fin du Ramadan, due par chaque musulman avant la prière de l'Aïd.
Contexte coranique de la zakat en islam
Avant d'aborder les hadiths sur la zakat, il convient de rappeler que cette obligation est d'abord coranique. Allah a mentionné la zakat aux côtés de la prière (salat) dans plus de trente versets du Coran, soulignant le lien indissociable entre l'adoration spirituelle et la solidarité financière. La zakat n'est pas un impôt ordinaire : c'est un acte de purification des biens et de l'âme.
خُذْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ صَدَقَةً تُطَهِّرُهُمْ وَتُزَكِّيهِم بِهَا وَصَلِّ عَلَيْهِمْ إِنَّ صَلَاتَكَ سَكَنٌ لَّهُمْ
« Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et tu les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Et Allah est Audient et Omniscient. »
— Coran, sourate At-Tawba (9:103)
Ce verset est le fondement coranique de la zakat. Le verbe tuzakkihim (tu les purifies) donne son nom même à la zakat, dérivé de la racine z-k-w qui signifie purification et croissance. La zakat purifie les biens du donneur de toute souillure liée à l'avarice, et elle purifie son âme de l'attachement excessif aux richesses. Les savants soulignent qu'Allah a ordonné au Prophète ﷺ de « prélever » la zakat, ce qui implique une autorité de collecte, et non une simple incitation.
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَنفِقُوا مِن طَيِّبَاتِ مَا كَسَبْتُمْ وَمِمَّا أَخْرَجْنَا لَكُم مِّنَ الْأَرْضِ وَلَا تَيَمَّمُوا الْخَبِيثَ مِنْهُ تُنفِقُونَ
« Ô les croyants ! Dépensez des meilleures choses que vous avez gagnées et des récoltes que Nous avons fait sortir de la terre pour vous. Et ne vous tournez pas vers ce qui est vil pour en faire dépense. »
— Coran, sourate Al-Baqara (2:267)
Ce verset, qui concerne à la fois la zakat et la sadaqa volontaire, pose un principe de qualité dans le don. Allah interdit au croyant de donner en zakat ce qu'il refuserait lui-même de recevoir. Les juristes en ont déduit que la zakat doit être prélevée sur les biens de valeur moyenne, ni les meilleurs ni les pires, afin de préserver un équilibre entre le droit du pauvre et la protection du riche.
La zakat, troisième pilier de l'islam
La zakat n'est pas une simple recommandation : elle fait partie des cinq fondements de l'islam. Le Prophète ﷺ l'a mentionnée dans les hadiths les plus célèbres sur les piliers de la foi, la plaçant au même rang que la shahada, la prière, le jeûne et le pèlerinage. Refuser de la payer revient à nier un pilier fondamental de la religion.
1L'islam est bâti sur cinq piliers
Rapporte par Ibn 'Umar
بُنِيَ الْإِسْلَامُ عَلَى خَمْسٍ: شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ، وَإِقَامِ الصَّلَاةِ، وَإِيتَاءِ الزَّكَاةِ، وَحَجِّ الْبَيْتِ، وَصَوْمِ رَمَضَانَ
Traduction
« L'islam est bâti sur cinq piliers : l'attestation qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, l'accomplissement de la prière, l'acquittement de la zakat, le pèlerinage à la Maison sacrée et le jeûne du mois de Ramadan. »
Explication
Ce hadith est le fondement même de la pratique islamique. La zakat y occupe la troisième position, immédiatement après la shahada et la prière. Les savants y voient la preuve que la zakat est indissociable de la foi et de la prière : celui qui prie sans s'acquitter de la zakat laisse un pilier vacant dans son édifice religieux. L'expression « itâ' az-zakat » (acquittement de la zakat) implique un transfert effectif de propriété au bénéficiaire, et non une simple intention.
2Le hadith de Jibril sur l'islam, la foi et l'excellence
Rapporte par 'Umar ibn al-Khattab
أَنَّ رَجُلًا أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا الْإِسْلَامُ؟ قَالَ: أَنْ تَشْهَدَ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ وَتُقِيمَ الصَّلَاةَ وَتُؤْتِيَ الزَّكَاةَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ إِنِ اسْتَطَعْتَ إِلَيْهِ سَبِيلًا
Traduction
« Un homme vint au Prophète ﷺ et dit : Ô Messager d'Allah, qu'est-ce que l'islam ? Il répondit : Que tu attestes qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah et que Muhammad est le Messager d'Allah, que tu accomplisses la prière, que tu t'acquittes de la zakat, que tu jeûnes le Ramadan et que tu accomplisses le pèlerinage si tu en as la capacité. »
Explication
Ce hadith, connu sous le nom de « hadith de Jibril », est l'un des plus importants de la Sunna. L'ange Jibril est venu enseigner la religion aux compagnons en posant des questions au Prophète ﷺ. La mention de la zakat parmi les définitions même de l'islam montre qu'elle n'est pas un acte surérogatoire : c'est une condition de la validité de l'islam pratiqué. Les savants s'appuient sur ce hadith pour affirmer que celui qui nie l'obligation de la zakat sort de l'islam.
3L'envoi de Mu'adh au Yémen : enseigner la zakat
Rapporte par Ibn 'Abbas
أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ مُعَاذًا إِلَى الْيَمَنِ فَقَالَ: ادْعُهُمْ إِلَى شَهَادَةِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنِّي رَسُولُ اللَّهِ، فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوا لِذَلِكَ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ خَمْسَ صَلَوَاتٍ فِي كُلِّ يَوْمٍ وَلَيْلَةٍ، فَإِنْ هُمْ أَطَاعُوا لِذَلِكَ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ فَتُرَدُّ عَلَى فُقَرَائِهِمْ
Traduction
« Le Prophète ﷺ envoya Mu'adh au Yémen et lui dit : Appelle-les à attester qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah et que je suis le Messager d'Allah. S'ils obéissent à cela, informe-les qu'Allah leur a prescrit cinq prières par jour et par nuit. S'ils obéissent à cela, informe-les qu'Allah leur a prescrit une aumône (zakat) prélevée sur leurs riches et redistribuée à leurs pauvres. »
Explication
Ce hadith est capital pour comprendre la méthodologie prophétique d'enseignement de la zakat. Le Prophète ﷺ établit une progression : d'abord le tawhid, puis la prière, puis la zakat. Cette gradation montre que la zakat vient naturellement après l'affermissement de la foi et de la prière. La formule « prélevée sur leurs riches et redistribuée à leurs pauvres » définit le mécanisme fondamental de la zakat : un transfert de richesse des nantis vers les démunis au sein de la communauté. Ce hadith est aussi utilisé par les juristes pour justifier l'existence d'un collecteur officiel de zakat.
Ces trois hadiths établissent sans ambiguïté le caractère obligatoire de la zakat. Elle n'est ni optionnelle ni simplement recommandée : c'est un pilier de l'islam, au même titre que la prière et le jeûne. Pour approfondir les enseignements prophétiques sur les fondements de la foi, consultez notre article sur les hadiths du Prophète Muhammad ﷺ.
Les catégories de bénéficiaires de la zakat
Le Coran définit huit catégories de bénéficiaires de la zakat dans le verset 60 de la sourate At-Tawba. Les hadiths du Prophète ﷺ précisent les conditions d'éligibilité et les priorités dans la distribution. La zakat ne peut être versée à n'importe qui : elle est destinée à des catégories spécifiques, et le donneur doit veiller à respecter ces critères.
4La zakat n'est pas licite pour le riche
Rapporte par Abu Hurayra
لَا تَحِلُّ الصَّدَقَةُ لِغَنِيٍّ وَلَا لِذِي مِرَّةٍ سَوِيٍّ
Traduction
« L'aumône obligatoire (zakat) n'est pas licite pour le riche, ni pour celui qui est vigoureux et en bonne santé. »
Explication
Ce hadith pose deux interdictions claires. Premièrement, la zakat ne peut être donnée à une personne riche qui possède le nisab. Deuxièmement, une personne physiquement apte à travailler ne devrait pas bénéficier de la zakat si elle est capable de subvenir à ses besoins. Les juristes précisent toutefois que la notion de « richesse » dépend du contexte : un homme qui possède le nisab mais a de lourdes charges familiales peut être considéré comme nécessiteux. Ce hadith protège le système de zakat contre les abus et oriente les fonds vers ceux qui en ont véritablement besoin.
5Celui qui demande la zakat alors qu'il n'en a pas besoin
Rapporte par 'Abdullah ibn Mas'ud
مَنْ سَأَلَ النَّاسَ وَلَهُ مَا يُغْنِيهِ جَاءَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَمَسْأَلَتُهُ فِي وَجْهِهِ خُمُوشٌ أَوْ خُدُوشٌ أَوْ كُدُوحٌ
Traduction
« Celui qui mendie auprès des gens alors qu'il possède de quoi se suffire viendra au Jour du Jugement avec son visage couvert d'égratignures, de griffures et de blessures. »
Explication
Ce hadith met en garde ceux qui demandent la zakat ou l'aumône alors qu'ils n'en ont pas besoin. Le châtiment décrit — des marques de honte sur le visage au Jour du Jugement — illustre la gravité de cet acte. Le Prophète ﷺ protège ainsi le fonds de zakat en dissuadant les fraudeurs. Les savants précisent que la limite de suffisance est définie par ce qui couvre les besoins fondamentaux de la personne et de sa famille : nourriture, vêtement, logement et dettes.
6La zakat ne revient pas à la famille du Prophète ﷺ
Rapporte par Abu Hurayra
إِنَّ الصَّدَقَةَ لَا تَنْبَغِي لِآلِ مُحَمَّدٍ إِنَّمَا هِيَ أَوْسَاخُ النَّاسِ
Traduction
« La zakat ne convient pas à la famille de Muhammad. Elle n'est que la souillure (la purification) des biens des gens. »
Explication
Ce hadith révèle une règle spécifique : les descendants du Prophète ﷺ (Banu Hashim et Banu al-Muttalib) ne sont pas éligibles à la zakat. Le Prophète ﷺ qualifie la zakat de « souillure des biens » dans le sens où elle représente la purification que le donneur retire de sa richesse. Par noblesse, la famille prophétique ne reçoit pas cette purification des autres. Les savants diffèrent sur la portée exacte de cette interdiction, certains l'étendant à tous les Banu Hashim, d'autres la limitant à ceux qui reçoivent leur part du cinquième (khumus).
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Découvrir la formationLe châtiment de celui qui refuse la zakat
Le refus de s'acquitter de la zakat est un péché majeur en islam. Le Prophète ﷺ a décrit des châtiments terrifiants pour celui qui thésaurise ses richesses sans en extraire le droit d'Allah. Ces avertissements visent à dissuader l'avarice et à rappeler que la richesse est un dépôt (amana) dont le croyant sera interrogé.
7Les plaques de feu de celui qui refuse la zakat
Rapporte par Abu Hurayra
مَا مِنْ صَاحِبِ ذَهَبٍ وَلَا فِضَّةٍ لَا يُؤَدِّي مِنْهَا حَقَّهَا إِلَّا إِذَا كَانَ يَوْمُ الْقِيَامَةِ صُفِّحَتْ لَهُ صَفَائِحُ مِنْ نَارٍ فَأُحْمِيَ عَلَيْهَا فِي نَارِ جَهَنَّمَ فَيُكْوَى بِهَا جَنْبُهُ وَجَبِينُهُ وَظَهْرُهُ كُلَّمَا بَرَدَتْ أُعِيدَتْ لَهُ فِي يَوْمٍ كَانَ مِقْدَارُهُ خَمْسِينَ أَلْفَ سَنَةٍ حَتَّى يُقْضَى بَيْنَ الْعِبَادِ
Traduction
« Il n'est pas un possesseur d'or ou d'argent qui ne s'acquitte pas de son droit (la zakat) sans que, au Jour de la Résurrection, on ne lui forge des plaques de feu chauffées dans le feu de la Géhenne, dont on lui brûlera les flancs, le front et le dos. Chaque fois qu'elles refroidiront, on les lui remettra, en un jour dont la durée sera de cinquante mille ans, jusqu'à ce que le jugement soit prononcé entre les serviteurs. »
Explication
Ce hadith est le plus détaillé sur le châtiment de celui qui refuse la zakat. La description des plaques de feu appliquées sur les flancs, le front et le dos illustre la sévérité divine envers celui qui prive les pauvres de leur droit. Le hadith mentionne aussi les propriétaires de chameaux, de bovins et de moutons qui ne paient pas la zakat : leurs animaux les piétineront au Jour du Jugement. La durée de cinquante mille ans montre l'intensité et la longueur du châtiment. Les savants utilisent ce hadith pour classer le refus de la zakat parmi les grands péchés (<em>kaba'ir</em>).
8Abu Bakr combat ceux qui refusent la zakat
Rapporte par Abu Hurayra
لَمَّا تُوُفِّيَ رَسُولُ اللَّهِ وَاسْتُخْلِفَ أَبُو بَكْرٍ وَكَفَرَ مَنْ كَفَرَ مِنَ الْعَرَبِ قَالَ عُمَرُ: كَيْفَ تُقَاتِلُ النَّاسَ؟ فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ: وَاللَّهِ لَأُقَاتِلَنَّ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الصَّلَاةِ وَالزَّكَاةِ فَإِنَّ الزَّكَاةَ حَقُّ الْمَالِ وَاللَّهِ لَوْ مَنَعُونِي عِقَالًا كَانُوا يُؤَدُّونَهُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ لَقَاتَلْتُهُمْ عَلَى مَنْعِهِ
Traduction
« Lorsque le Messager d'Allah mourut et qu'Abu Bakr fut désigné calife, certains Arabes apostasièrent. 'Umar lui dit : Comment combattras-tu les gens ? Abu Bakr répondit : Par Allah, je combattrai quiconque sépare la prière de la zakat, car la zakat est le droit dû sur les biens. Par Allah, s'ils me refusaient ne serait-ce qu'une bride de chameau qu'ils versaient au Messager d'Allah, je les combattrais pour ce refus. »
Explication
Ce hadith historique montre la position d'Abu Bakr as-Siddiq face aux tribus qui refusèrent de payer la zakat après la mort du Prophète ﷺ. Sa déclaration « je combattrai quiconque sépare la prière de la zakat » est devenue un principe de jurisprudence : la zakat et la prière sont indissociables. Si un groupe refuse collectivement de payer la zakat tout en reconnaissant son obligation, l'État islamique est en droit de les y contraindre. Ce récit illustre l'importance systémique de la zakat pour la cohésion de la communauté musulmane.
9La richesse qui n'est pas purifiée détruit son possesseur
Rapporte par Abu Dharr
وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ مَا مِنْ رَجُلٍ تَكُونُ لَهُ إِبِلٌ أَوْ بَقَرٌ أَوْ غَنَمٌ لَا يُؤَدِّي حَقَّهَا إِلَّا أُتِيَ بِهَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ أَعْظَمَ مَا تَكُونُ وَأَسْمَنَهُ تَطَؤُهُ بِأَخْفَافِهَا وَتَنْطِحُهُ بِقُرُونِهَا كُلَّمَا جَازَتْ أُخْرَاهَا رُدَّتْ عَلَيْهِ أُولَاهَا حَتَّى يُقْضَى بَيْنَ النَّاسِ
Traduction
« Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, il n'est pas un homme qui possède des chameaux, des bovins ou des moutons sans s'acquitter de leur droit (la zakat) sans qu'on ne les amène au Jour de la Résurrection, plus grands et plus gras que jamais. Ils le piétineront de leurs sabots et le frapperont de leurs cornes. Chaque fois que la dernière bête sera passée, la première reviendra, et ainsi de suite jusqu'à ce que le jugement soit prononcé entre les gens. »
Explication
Ce hadith complète le précédent en décrivant le châtiment spécifique des propriétaires de bétail. Les animaux mêmes dont le propriétaire a refusé de payer la zakat deviennent les instruments de son châtiment. L'image des bêtes qui piétinent et frappent leur ancien propriétaire est saisissante : la richesse mal gérée se retourne contre celui qui l'a thésaurisée. Le Prophète ﷺ utilise ces descriptions pour marquer les esprits et inciter à l'obéissance. Les savants rappellent que la zakat sur le bétail suit des barèmes précis fixés par la Sunna.
Ces hadiths montrent la gravité du refus de la zakat aux yeux d'Allah et de Son Messager ﷺ. La zakat n'est pas un acte de générosité facultatif : c'est un droit des pauvres sur la richesse des riches. Celui qui s'en acquitte purifie ses biens et sa personne ; celui qui la refuse s'expose à un châtiment terrible.
La zakat al-fitr selon les hadiths
La zakat al-fitr est une aumône obligatoire liée au mois de Ramadan. Contrairement à la zakat annuelle sur les biens, elle est due par chaque musulman, quelle que soit sa richesse, et doit être versée avant la prière de l'Aïd al-Fitr. Son objectif est double : purifier le jeûneur des paroles vaines et nourrir les pauvres le jour de la fête.
10La zakat al-fitr : un sa' de nourriture par personne
Rapporte par Ibn 'Umar
فَرَضَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَكَاةَ الْفِطْرِ مِنْ رَمَضَانَ صَاعًا مِنْ تَمْرٍ أَوْ صَاعًا مِنْ شَعِيرٍ عَلَى الْعَبْدِ وَالْحُرِّ وَالذَّكَرِ وَالْأُنْثَى وَالصَّغِيرِ وَالْكَبِيرِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ
Traduction
« Le Messager d'Allah ﷺ a prescrit la zakat al-fitr du Ramadan : un sa' de dattes ou un sa' d'orge, dû par l'esclave et l'homme libre, l'homme et la femme, le petit et le grand parmi les musulmans. »
Explication
Ce hadith est le texte fondateur de la zakat al-fitr. Plusieurs points sont à relever. Premièrement, le verbe « farada » (a prescrit) indique une obligation, non une recommandation. Deuxièmement, elle est due par toute catégorie de musulmans : homme, femme, enfant, libre, esclave. Le chef de famille la verse pour ceux qui sont à sa charge. Troisièmement, la quantité est fixée à un sa' (environ 2,5 kg) de nourriture de base. Les savants débattent sur la possibilité de verser la zakat al-fitr en argent : la majorité des hanafites l'autorisent, tandis que les autres écoles préfèrent la nourriture.
11La zakat al-fitr purifie le jeûneur
Rapporte par Ibn 'Abbas
فَرَضَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ زَكَاةَ الْفِطْرِ طُهْرَةً لِلصَّائِمِ مِنَ اللَّغْوِ وَالرَّفَثِ وَطُعْمَةً لِلْمَسَاكِينِ
Traduction
« Le Messager d'Allah ﷺ a prescrit la zakat al-fitr comme purification pour le jeûneur des paroles vaines et obscènes, et comme nourriture pour les pauvres. »
Explication
Ce hadith explicite les deux sagesses de la zakat al-fitr. D'une part, elle purifie le jeûne du croyant des imperfections commises durant le Ramadan : paroles inutiles, disputes, propos inconvenants. D'autre part, elle assure aux pauvres un repas le jour de l'Aïd, afin que toute la communauté puisse se réjouir ensemble. Le hadith ajoute que celle versée avant la prière de l'Aïd est une zakat acceptée, tandis que celle versée après n'est qu'une sadaqa ordinaire. Ce détail montre l'importance du respect du calendrier dans l'acquittement de cette obligation.
La zakat al-fitr est indissociable du mois de Ramadan. Elle clôture le jeûne en le purifiant et en étendant la joie de l'Aïd à tous les membres de la communauté, y compris les plus démunis. Pour approfondir les hadiths liés au mois béni, consultez notre article sur les hadiths sur le Ramadan en islam.
Ce que disent les savants sur la zakat
Les grands savants de l'islam ont abondamment commenté les hadiths sur la zakat. Leurs explications permettent de mieux saisir la portée juridique, spirituelle et sociale de ce pilier fondamental.
« La zakat est un acte d'adoration financier qui allie la purification de l'âme à la justice sociale. Elle empêche la concentration des richesses entre les mains d'une minorité et garantit un minimum vital aux plus démunis. C'est le pilier qui fait de l'islam une religion à la fois spirituelle et sociale. »
— Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim
« La décision d'Abu Bakr de combattre ceux qui refusaient la zakat est l'un des consensus les plus importants des compagnons. Elle montre que la zakat n'est pas une oeuvre de bienfaisance laissée au bon vouloir de chacun, mais un droit que l'État doit collecter et distribuer. Quiconque refuse ce droit se rebelle contre l'ordre d'Allah. »
— Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari
« La sagesse de la zakat est triple : elle purifie le riche de l'avarice et de l'orgueil de la richesse ; elle soulage le pauvre de l'envie et de l'amertume de la pauvreté ; et elle crée un lien de solidarité et de fraternité entre les deux, renforçant le tissu social de la Oumma. »
— Ibn al-Qayyim, Zad al-Ma'ad
Ces commentaires montrent que la zakat dépasse la simple dimension financière. Elle est à la fois un acte de purification spirituelle, un mécanisme de justice sociale et un ciment communautaire. Les quatre écoles de jurisprudence ont élaboré des règles détaillées sur le calcul du nisab, les catégories de biens imposables et les conditions de distribution, toutes fondées sur les hadiths présentés ici.
Leçons pratiques sur la zakat
L'ensemble des hadiths présentés permet de dégager des leçons concrètes pour la pratique de la zakat :
Calculer sa zakat avec rigueur
Le nisab (seuil minimum) est de 85 g d'or ou 595 g d'argent. Le taux est de 2,5 % sur les biens possédés pendant une année lunaire complète. Il est recommandé de tenir un registre de ses biens pour ne rien omettre.
Verser la zakat aux bons bénéficiaires
Le Coran définit huit catégories précises. Donner la zakat à une personne non éligible ne libère pas le donneur de son obligation. Il convient de vérifier la situation du bénéficiaire avant de verser.
Ne pas retarder le paiement de la zakat
Dès que le nisab est atteint et qu'une année lunaire s'est écoulée, la zakat devient exigible. La retarder sans motif valable est un péché. Certains savants autorisent le versement anticipé.
S'acquitter de la zakat al-fitr avant la prière de l'Aïd
La zakat al-fitr est due par chaque musulman à la fin du Ramadan. Elle doit être versée avant la prière de l'Aïd pour être considérée comme une zakat ; après, elle n'est qu'une sadaqa ordinaire.
Compléter la zakat par la sadaqa volontaire
La zakat est le minimum obligatoire, mais la sadaqa volontaire complète et enrichit la pratique de la générosité. Les deux sont complémentaires et répondent à des besoins différents de la communauté.
Purifier l'intention avant de donner
La zakat est un acte d'adoration qui nécessite une intention sincère (niyya). Le donneur doit viser la satisfaction d'Allah, non la reconnaissance des hommes ou un avantage social.
Apprenez l'arabe classique
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Questions fréquentes
La zakat est un pilier obligatoire de l’islam, calculée sur la richesse selon des seuils précis (nisab), tandis que la sadaqa est une aumône volontaire sans montant fixe. La zakat est due une fois par an sur les biens éligibles (or, argent, marchandises, bétail, récoltes), alors que la sadaqa peut être donnée à tout moment et sous toute forme. Le refus de payer la zakat est un péché majeur, alors que la sadaqa est une vertu recommandée.
Parmi les hadiths les plus importants sur la zakat, on trouve celui de Jibril qui définit les cinq piliers de l’islam dont la zakat (Muslim 8), celui de Mu’adh ibn Jabal envoyé au Yémen pour enseigner la zakat (Bukhari 1496), et celui sur le châtiment de celui qui thésaurise sans payer la zakat (Muslim 987). Le hadith sur la zakat al-fitr (Bukhari 1503) est également fondamental pour le mois de Ramadan.
Le Coran (At-Tawba 9:60) et les hadiths définissent huit catégories de bénéficiaires : les pauvres (fuqara’), les nécessiteux (masakin), les collecteurs de zakat (’amilin), ceux dont les cœurs sont à gagner (mu’allafa qulubuhum), les esclaves à affranchir (riqab), les endettés (gharimin), ceux qui sont dans le sentier d’Allah (fi sabilillah) et le voyageur en difficulté (ibn as-sabil).
La zakat al-fitr est une aumône obligatoire due à la fin du mois de Ramadan, avant la prière de l’Aïd al-Fitr. Le Prophète ︎ l’a fixée à un sa’ (environ 2,5 kg) de nourriture de base (dattes, orge, blé ou raisins secs) par personne. Elle est due par tout musulman, libre ou esclave, homme ou femme, petit ou grand, selon le hadith d’Ibn ’Umar (Bukhari 1503). Elle purifie le jeûneur et nourrit les pauvres le jour de l’Aïd.
Les hadiths décrivent un châtiment sévère pour celui qui refuse la zakat. Selon Abu Hurayra, le Prophète ︎ a dit que celui qui possède de l’or et de l’argent sans en acquitter la zakat verra ses biens transformés en plaques de feu au Jour du Jugement, dont on lui brûlera les flancs, le front et le dos (Muslim 987). Abu Bakr a combattu ceux qui refusaient de payer la zakat après la mort du Prophète, considérant ce refus comme une apostasie.
Le nisab est le seuil minimum de richesse à partir duquel la zakat devient obligatoire. Pour l’or, il est de 85 grammes ; pour l’argent, de 595 grammes. Pour les marchandises commerciales, on se base sur la valeur en or ou en argent. Le taux de la zakat est de 2,5 % (un quarantième) sur la richesse possédée pendant une année lunaire complète (hawl). Les savants recommandent d’utiliser le nisab de l’argent car il est plus favorable aux pauvres.
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