À retenir
- Le Prophète ﷺ a promis à celui qui parraine un orphelin d'être son voisin au Paradis, en joignant l'index et le majeur.
- La meilleure maison est celle où un orphelin est bien traité ; la pire est celle où il est maltraité.
- Le Prophète ﷺ était lui-même orphelin, ce qui explique sa profonde sensibilité envers les enfants privés de père.
- L'islam interdit formellement de consommer les biens de l'orphelin et classe cet acte parmi les péchés destructeurs.
Contexte coranique de l'orphelin en islam
Avant d'aborder les hadiths, il convient de rappeler que la protection de l'orphelin est d'abord une injonction coranique. Allah a mentionné l'orphelin dans de nombreux versets, tantôt pour ordonner sa prise en charge, tantôt pour mettre en garde contre l'injustice à son égard. Le Coran établit les fondements sur lesquels s'appuient ensuite les hadiths du Prophète ﷺ.
فَأَمَّا الْيَتِيمَ فَلَا تَقْهَرْ
« Quant à l'orphelin, ne le maltraite pas. »
— Coran, sourate Ad-Duha (93:9)
Ce verset de la sourate Ad-Duha est adressé directement au Prophète ﷺ, lui-même orphelin. Allah lui rappelle Sa faveur de l'avoir recueilli alors qu'il était orphelin, puis lui ordonne de ne jamais repousser un orphelin. Le verbe taqhar désigne le fait de dominer avec brutalité, de mépriser ou de priver de ses droits. Les savants soulignent que ce verset s'applique à toute la communauté musulmane.
وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْيَتَامَىٰ قُلْ إِصْلَاحٌ لَّهُمْ خَيْرٌ وَإِن تُخَالِطُوهُمْ فَإِخْوَانُكُمْ وَاللَّهُ يَعْلَمُ الْمُفْسِدَ مِنَ الْمُصْلِحِ
« Et ils t'interrogent au sujet des orphelins. Dis : « Les pourvoir de ce qui est bien est la meilleure action. Si vous vous mêlez à eux, ce sont vos frères. » Allah distingue celui qui sème le désordre de celui qui fait le bien. »
— Coran, sourate Al-Baqara (2:220)
إِنَّ الَّذِينَ يَأْكُلُونَ أَمْوَالَ الْيَتَامَىٰ ظُلْمًا إِنَّمَا يَأْكُلُونَ فِي بُطُونِهِمْ نَارًا وَسَيَصْلَوْنَ سَعِيرًا
« Ceux qui mangent injustement les biens des orphelins ne font que manger du feu dans leurs ventres. Et ils brûleront bientôt dans les flammes de l'Enfer. »
— Coran, sourate An-Nisa (4:10)
Ces versets coraniques dessinent un cadre clair : l'orphelin est un membre vulnérable de la communauté dont la protection est une obligation collective. Allah promet un châtiment sévère à ceux qui spolient ses biens et une récompense immense à ceux qui le prennent en charge. C'est sur cette base coranique que le Prophète ﷺ a construit ses enseignements détaillés sur le traitement de l'orphelin.
Le parrain de l'orphelin au Paradis
Le Prophète ﷺ a accordé un rang extraordinaire à celui qui prend en charge un orphelin. Les hadiths suivants montrent que la kafala de l'orphelin est l'une des voies les plus sûres vers le Paradis et la proximité avec le Messager d'Allah ﷺ.
1Moi et le parrain de l'orphelin au Paradis
Rapporte par Sahl ibn Sa'd
أَنَا وَكَافِلُ الْيَتِيمِ فِي الْجَنَّةِ هَكَذَا وَأَشَارَ بِالسَّبَّابَةِ وَالْوُسْطَى وَفَرَّجَ بَيْنَهُمَا شَيْئًا
Traduction
« Moi et le parrain de l'orphelin serons au Paradis comme ceci — et il montra l'index et le majeur en les écartant légèrement. »
Explication
Ce hadith est le plus célèbre sur le sujet de l'orphelin. Le geste du Prophète ﷺ — joindre l'index et le majeur — illustre la proximité extrême entre lui et le parrain de l'orphelin au Paradis. Le léger écart entre les deux doigts rappelle que nul ne peut égaler le rang prophétique, mais que le parrain en sera le plus proche voisin. Les savants soulignent qu'il n'existe presque aucune autre bonne action pour laquelle le Prophète ﷺ ait promis une telle proximité.
2Le parrain d'un orphelin de sa famille ou d'ailleurs
Rapporte par Abu Hurayra
كَافِلُ الْيَتِيمِ لَهُ أَوْ لِغَيْرِهِ أَنَا وَهُوَ كَهَاتَيْنِ فِي الْجَنَّةِ
Traduction
« Le parrain de l'orphelin, qu'il soit de sa famille ou non, sera avec moi comme ces deux-là au Paradis. »
Explication
Ce hadith complète le précédent en précisant que la récompense concerne aussi bien celui qui parraine un orphelin de sa propre famille (neveu, petit-fils) que celui qui prend en charge un orphelin sans lien de parenté. Le narrateur Malik ibn Anas, en rapportant ce hadith, montra ses deux doigts, l'index et le majeur, pour illustrer cette proximité. Les savants y voient un encouragement puissant à la kafala, qu'elle soit intrafamiliale ou communautaire.
3Celui qui passe sa main sur la tête de l'orphelin
Rapporte par Abu Umama
مَنْ مَسَحَ رَأْسَ يَتِيمٍ لَمْ يَمْسَحْهُ إِلَّا لِلَّهِ كَانَ لَهُ بِكُلِّ شَعْرَةٍ مَرَّتْ عَلَيْهَا يَدُهُ حَسَنَاتٌ
Traduction
« Celui qui passe sa main sur la tête d'un orphelin, ne le faisant que pour Allah, aura pour chaque cheveu sur lequel sa main est passée des bonnes actions (hassanat). »
Explication
Ce hadith montre que même le geste le plus simple — caresser la tête d'un orphelin — est abondamment récompensé lorsqu'il est fait avec sincérité pour Allah. La mention de « chaque cheveu » est une hyperbole prophétique pour exprimer l'immensité de la récompense. Ce hadith invite les musulmans à ne pas sous-estimer les petits gestes de tendresse envers les orphelins : un sourire, une caresse, un mot bienveillant sont autant d'actes d'adoration.
La meilleure maison en islam
Le Prophète ﷺ a établi un critère simple pour distinguer les meilleurs foyers musulmans : le traitement réservé à l'orphelin. Ce critère révèle la place centrale que l'islam accorde à la solidarité envers les plus vulnérables.
4La meilleure et la pire des maisons
Rapporte par Abu Hurayra
خَيْرُ بَيْتٍ فِي الْمُسْلِمِينَ بَيْتٌ فِيهِ يَتِيمٌ يُحْسَنُ إِلَيْهِ وَشَرُّ بَيْتٍ فِي الْمُسْلِمِينَ بَيْتٌ فِيهِ يَتِيمٌ يُسَاءُ إِلَيْهِ
Traduction
« La meilleure maison parmi les musulmans est celle dans laquelle se trouve un orphelin qui est bien traité. Et la pire maison parmi les musulmans est celle dans laquelle se trouve un orphelin qui est maltraité. »
Explication
Ce hadith établit un critère moral pour évaluer les foyers musulmans. La présence d'un orphelin n'est pas en soi un bienfait ou un malheur : c'est le traitement qui lui est réservé qui détermine la valeur du foyer. Le Prophète ﷺ utilise un contraste saisissant — la meilleure et la pire des maisons — pour inciter les familles à accueillir des orphelins avec bienveillance. Les savants y voient aussi un avertissement aux tuteurs négligents.
5Nourrir l'orphelin et le pauvre
Rapporte par Abu Hurayra
السَّاعِي عَلَى الْأَرْمَلَةِ وَالْمِسْكِينِ كَالْمُجَاهِدِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ أَوْ كَالَّذِي يَصُومُ النَّهَارَ وَيَقُومُ اللَّيْلَ
Traduction
« Celui qui s'efforce de subvenir aux besoins de la veuve et du pauvre est comparable à celui qui combat dans le sentier d'Allah, ou à celui qui jeûne le jour et prie la nuit. »
Explication
Bien que ce hadith mentionne la veuve et le pauvre, les savants l'appliquent également à l'orphelin, car l'orphelin accompagne souvent la veuve. La comparaison avec le combattant dans le sentier d'Allah et le dévot qui jeûne et prie sans cesse montre le rang immense de cette œuvre de bienfaisance. Le Prophète ﷺ met ainsi sur un pied d'égalité l'effort social et l'effort cultuel, prouvant que l'islam ne sépare pas l'adoration de la solidarité.
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Découvrir la formationAttendrir son cœur par l'orphelin
Le Prophète ﷺ a enseigné que le contact avec l'orphelin est un remède spirituel puissant. Celui qui souffre de dureté de cœur trouvera dans la compassion envers l'orphelin un moyen de retrouver la tendresse et la miséricorde.
6Si tu veux attendrir ton cœur
Rapporte par Abu al-Darda'
أَتُحِبُّ أَنْ يَلِينَ قَلْبُكَ وَتُدْرِكَ حَاجَتَكَ؟ ارْحَمِ الْيَتِيمَ وَامْسَحْ رَأْسَهُ وَأَطْعِمْهُ مِنْ طَعَامِكَ يَلِنْ قَلْبُكَ وَتُدْرِكْ حَاجَتَكَ
Traduction
« Veux-tu que ton cœur s'attendrisse et que tu obtiennes ce dont tu as besoin ? Fais miséricorde à l'orphelin, caresse sa tête et nourris-le de ta nourriture : ton cœur s'attendrira et tu obtiendras ce dont tu as besoin. »
Explication
Ce hadith prescrit un remède concret à celui qui se plaint de la dureté de son cœur. Le Prophète ﷺ indique trois actions : faire miséricorde à l'orphelin, lui caresser la tête et le nourrir. Ces gestes physiques et matériels produisent un effet spirituel : l'attendrissement du cœur. Les savants expliquent que le contact avec la souffrance d'autrui brise l'égoïsme et rappelle les bienfaits d'Allah, ce qui purifie le cœur.
7Le Prophète ﷺ et les enfants orphelins
Rapporte par Anas ibn Malik
كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَحْسَنَ النَّاسِ خُلُقًا وَكَانَ لِي أَخٌ يُقَالُ لَهُ أَبُو عُمَيْرٍ فَكَانَ إِذَا جَاءَ قَالَ: يَا أَبَا عُمَيْرٍ مَا فَعَلَ النُّغَيْرُ
Traduction
« Le Prophète ﷺ avait le meilleur caractère. J'avais un petit frère surnommé Abu Umayr. Quand le Prophète ﷺ venait, il lui disait : « Ô Abu Umayr, qu'a fait le petit oiseau (nughayr) ? » »
Explication
Ce hadith illustre la tendresse du Prophète ﷺ envers les enfants. Abu Umayr était un petit garçon qui avait un oiseau comme animal de compagnie. Le Prophète ﷺ prenait le temps de s'adresser à lui avec affection et humour, en jouant sur les mots (Umayr / nughayr). Ce comportement montre que le Prophète ﷺ n'était pas distant avec les enfants, y compris les plus vulnérables. Il enseignait par l'exemple que l'attention et la tendresse envers les enfants font partie de la Sunna.
8Celui qui n'est pas miséricordieux
Rapporte par Abu Hurayra
قَبَّلَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْحَسَنَ بْنَ عَلِيٍّ وَعِنْدَهُ الْأَقْرَعُ بْنُ حَابِسٍ فَقَالَ الْأَقْرَعُ إِنَّ لِي عَشَرَةً مِنَ الْوَلَدِ مَا قَبَّلْتُ مِنْهُمْ أَحَدًا فَنَظَرَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ ثُمَّ قَالَ مَنْ لَا يَرْحَمُ لَا يُرْحَمُ
Traduction
« Le Messager d'Allah ﷺ embrassa Al-Hasan ibn Ali. Al-Aqra' ibn Habis, qui était présent, dit : « J'ai dix enfants et je n'ai jamais embrassé aucun d'entre eux. » Le Prophète ﷺ le regarda et dit : « Celui qui n'est pas miséricordieux ne recevra pas de miséricorde. » »
Explication
Ce hadith contient un principe fondamental : la miséricorde est réciproque. Celui qui ne fait pas preuve de tendresse envers les enfants — orphelins ou non — se prive lui-même de la miséricorde divine. Le Prophète ﷺ fut choqué par l'attitude d'Al-Aqra', qui se vantait de sa dureté. Ce hadith s'applique avec une force particulière au traitement de l'orphelin, qui a perdu son premier protecteur et qui a besoin de recevoir la tendresse d'autres adultes.
Protection des biens de l'orphelin
L'islam ne se contente pas de recommander la bienveillance envers l'orphelin : il impose des obligations juridiques strictes concernant la gestion de ses biens. Le Prophète ﷺ a classé la spoliation des biens de l'orphelin parmi les péchés les plus graves.
9Les sept péchés destructeurs
Rapporte par Abu Hurayra
اجْتَنِبُوا السَّبْعَ الْمُوبِقَاتِ قَالُوا يَا رَسُولَ اللَّهِ وَمَا هُنَّ قَالَ الشِّرْكُ بِاللَّهِ وَالسِّحْرُ وَقَتْلُ النَّفْسِ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ وَأَكْلُ الرِّبَا وَأَكْلُ مَالِ الْيَتِيمِ وَالتَّوَلِّي يَوْمَ الزَّحْفِ وَقَذْفُ الْمُحْصَنَاتِ الْمُؤْمِنَاتِ الْغَافِلَاتِ
Traduction
« Évitez les sept péchés destructeurs. On demanda : « Ô Messager d'Allah, quels sont-ils ? » Il dit : « Le polythéisme, la sorcellerie, le meurtre interdit par Allah sauf à juste titre, l'usure, la consommation des biens de l'orphelin, la fuite du champ de bataille et l'accusation de fornication des femmes croyantes chastes. » »
Explication
Ce hadith classe la consommation des biens de l'orphelin parmi les sept péchés les plus graves en islam, aux côtés du shirk (polythéisme) et du meurtre. Ce rang élevé dans la hiérarchie des péchés montre à quel point l'islam protège les droits financiers de l'orphelin. Le terme « mubiqat » (destructeurs) indique que ces péchés détruisent les bonnes actions et mènent à la perdition. Les fuqaha en déduisent que le tuteur doit rendre des comptes précis sur la gestion des biens de l'orphelin.
10Faites fructifier les biens des orphelins
Rapporte par Anas ibn Malik
اتَّجِرُوا فِي أَمْوَالِ الْيَتَامَى لَا تَأْكُلُهَا الزَّكَاةُ
Traduction
« Faites fructifier les biens des orphelins afin que la zakat ne les consume pas. »
Explication
Ce hadith ordonne aux tuteurs de faire fructifier les biens de l'orphelin par le commerce ou l'investissement. La logique est simple : si les biens restent inactifs, la zakat annuelle obligatoire les réduira progressivement. En les faisant fructifier, le capital se maintient et l'orphelin retrouve son patrimoine intact, voire augmenté, à sa majorité. Les savants y voient la preuve que le tuteur a non seulement l'obligation de préserver les biens, mais aussi de les développer dans l'intérêt de l'enfant.
Le Prophète ﷺ, lui-même orphelin
Le Messager d'Allah ﷺ a vécu l'expérience de l'orphelinat dans sa propre chair. Son père Abdullah est décédé avant sa naissance, et sa mère Amina est morte alors qu'il n'avait que six ans. Cette expérience personnelle a profondément façonné sa sensibilité et ses enseignements sur la question.
11Allah a rappelé au Prophète ﷺ sa condition d'orphelin
Rapporte par Transmission coranique
أَلَمْ يَجِدْكَ يَتِيمًا فَآوَىٰ وَوَجَدَكَ ضَالًّا فَهَدَىٰ وَوَجَدَكَ عَائِلًا فَأَغْنَىٰ
Traduction
« Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin ? Alors Il t'a recueilli. Ne t'a-t-Il pas trouvé égaré ? Alors Il t'a guidé. Ne t'a-t-Il pas trouvé dans le besoin ? Alors Il t'a enrichi. »
Explication
Ces versets résument le parcours du Prophète ﷺ : orphelin recueilli par son grand-père puis son oncle, chercheur de vérité guidé vers la révélation, et homme modeste enrichi par la grâce divine. Allah mentionne l'orphelinat en premier, comme pour souligner que cette épreuve fondatrice a préparé le Prophète ﷺ à sa mission. Les savants expliquent que cette expérience lui a donné une compréhension intime de la souffrance des orphelins et a nourri sa miséricorde légendaire.
12La prise en charge par Abu Talib
Rapporte par Ibn 'Abbas
لَمَّا تُوُفِّيَ عَبْدُ الْمُطَّلِبِ أَوْصَى أَبَا طَالِبٍ بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَكَانَ يُقَدِّمُهُ عَلَى وَلَدِهِ
Traduction
« Lorsque Abd al-Muttalib mourut, il confia le Prophète ﷺ à Abu Talib, qui le préférait à ses propres enfants. »
Explication
Ce récit illustre le modèle de kafala idéal : Abu Talib a pris en charge son neveu orphelin avec un amour qui dépassait celui qu'il portait à ses propres enfants. Il l'a protégé, nourri, éduqué et défendu face aux persécutions des Qurayshites. Ce comportement exemplaire montre que la kafala n'est pas une simple aide matérielle, mais un engagement affectif total. Le Prophète ﷺ n'a jamais oublié cette bonté et a toujours parlé d'Abu Talib avec gratitude.
La kafala (parrainage) de l'orphelin en islam
La kafala est le dispositif islamique de prise en charge de l'orphelin. Elle se distingue de l'adoption occidentale en ce qu'elle ne modifie pas la filiation de l'enfant. Le kafil (parrain) s'engage à subvenir aux besoins matériels, éducatifs et affectifs de l'orphelin tout en lui conservant son nom de famille biologique.
13La récompense de celui qui dépense pour l'orphelin
Rapporte par Abu Hurayra
مَنْ ضَمَّ يَتِيمًا بَيْنَ مُسْلِمَيْنِ فِي طَعَامِهِ وَشَرَابِهِ حَتَّى يَسْتَغْنِيَ عَنْهُ وَجَبَتْ لَهُ الْجَنَّةُ
Traduction
« Celui qui prend en charge un orphelin parmi les musulmans, le nourrissant et l'abreuvant jusqu'à ce qu'il soit autonome, le Paradis lui est garanti. »
Explication
Ce hadith précise la durée de la kafala : elle s'étend jusqu'à ce que l'orphelin soit autonome, c'est-à-dire qu'il atteigne la puberté et soit capable de subvenir à ses propres besoins. La récompense promise — le Paradis garanti — montre le rang exceptionnel de cet engagement dans la hiérarchie des œuvres pieuses. Les savants soulignent que la kafala englobe la nourriture, le logement, l'éducation et l'accompagnement moral.
Les savants de l'islam ont abondamment commenté les hadiths sur la kafala. Leurs explications permettent de mieux saisir la portée juridique et spirituelle de cette institution.
« La kafala de l'orphelin est l'une des plus grandes portes du bien. Le hadith de Sahl ibn Sa'd suffit à montrer son rang : être le voisin du Prophète ﷺ au Paradis est un honneur que seules les actions les plus méritoires procurent. »
— Ibn Hajar al-Asqalani, Fath al-Bari
« L'orphelin dans l'islam n'est pas un fardeau pour la communauté, mais une occasion de gagner l'agrément d'Allah. Celui qui s'en occupe purifie sa richesse et élève son rang auprès d'Allah. »
— Imam An-Nawawi, Sharh Sahih Muslim
« Le tuteur de l'orphelin doit agir avec la même prudence qu'un père agissant pour son propre enfant. Il doit préserver ses biens, les faire fructifier et ne rien en prélever sauf dans l'intérêt exclusif de l'enfant. »
— Ibn Qudama, Al-Mughni
Enseignements et leçons pratiques
L'ensemble des hadiths présentés dans cet article permet de dégager des leçons concrètes pour le musulman soucieux de prendre soin des orphelins :
Parrainer un orphelin pour être voisin du Prophète ﷺ au Paradis
La kafala de l'orphelin est l'une des rares actions pour lesquelles le Prophète ﷺ a promis sa compagnie directe au Paradis. C'est une opportunité à ne pas manquer.
Traiter l'orphelin avec bienveillance et tendresse
Les petits gestes comptent : caresser la tête de l'orphelin, lui sourire, le nourrir de sa propre nourriture. Chaque geste est une hassana inscrite auprès d'Allah.
Protéger les biens de l'orphelin avec rigueur
La consommation injuste des biens de l'orphelin est un péché destructeur. Le tuteur doit préserver et faire fructifier ces biens jusqu'à la majorité de l'enfant.
Soigner la dureté de cœur par la miséricorde
Celui qui souffre de dureté de cœur trouvera dans le contact avec l'orphelin un remède spirituel. La compassion envers les vulnérables purifie l'âme et rapproche d'Allah.
Suivre l'exemple du Prophète ﷺ, orphelin et miséricordieux
Le Prophète ﷺ a transformé son épreuve d'orphelinat en source de compassion universelle. Son exemple nous enseigne que les épreuves peuvent devenir des moteurs de bienfaisance.
Accueillir l'orphelin dans son foyer
La meilleure maison en islam est celle qui accueille un orphelin et le traite bien. Ouvrir son foyer à un enfant dans le besoin est un acte qui élève toute la famille.
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Questions fréquentes
Les hadiths les plus importants sur l’orphelin incluent celui de Sahl ibn Sa’d où le Prophète ﷺ dit : « Moi et le parrain de l’orphelin serons comme ceci au Paradis » en joignant l’index et le majeur (Bukhari 5304), celui d’Abu Hurayra sur la meilleure maison étant celle où un orphelin est bien traité (Ibn Majah 3679), et celui sur l’interdiction de consommer injustement les biens de l’orphelin (Bukhari 2766).
Le Prophète ﷺ a promis à celui qui parraine un orphelin d’être son voisin au Paradis, en montrant la proximité entre son index et son majeur. Cette récompense immense montre le rang élevé de la kafala dans la hiérarchie des bonnes actions en islam. Elle concerne aussi bien le parrainage d’un orphelin de sa propre famille que celui d’un orphelin étranger.
L’islam interdit formellement de consommer les biens de l’orphelin de manière injuste. Le Coran classe cet acte parmi les sept péchés destructeurs (mubiqat). Le tuteur est tenu de préserver et de faire fructifier les biens de l’orphelin jusqu’à sa majorité, et il ne peut y toucher que dans l’intérêt de l’enfant. Le Prophète ﷺ a averti que celui qui mange injustement les biens de l’orphelin ne fait qu’avaler du feu.
Oui, le Prophète Muhammad ﷺ est né orphelin de père : son père Abdullah ibn Abd al-Muttalib est décédé avant sa naissance. Sa mère Amina est décédée alors qu’il avait six ans. Il a ensuite été pris en charge par son grand-père Abd al-Muttalib, puis par son oncle Abu Talib. Cette expérience personnelle a profondément marqué sa sensibilité envers les orphelins.
La kafala est le parrainage ou la prise en charge d’un enfant orphelin. Elle consiste à subvenir à ses besoins matériels, éducatifs et affectifs. Contrairement à l’adoption occidentale, la kafala ne modifie pas la filiation de l’enfant : il conserve le nom de son père biologique. La kafala est considérée comme l’une des meilleures actions en islam, récompensée par la compagnie du Prophète ﷺ au Paradis.
En islam, l’orphelin (yatim) est l’enfant qui a perdu son père avant d’atteindre la puberté. La perte de la mère seule ne confère pas le statut d’orphelin au sens juridique islamique, bien que l’enfant mérite tout autant la compassion. Après la puberté, l’enfant n’est plus considéré comme orphelin au sens technique, mais les savants recommandent de continuer à le soutenir s’il est dans le besoin.
Le Prophète ﷺ a conseillé à un homme qui se plaignait de la dureté de son cœur de caresser la tête de l’orphelin et de nourrir le pauvre. Ce hadith rapporté par Ahmad montre que le contact avec les plus vulnérables est un remède spirituel à la dureté du cœur. Prendre soin de l’orphelin adoucit l’âme et développe la miséricorde.
L’orphelin en islam a droit à la protection physique et morale, à la préservation de ses biens, à l’éducation, à la bienveillance et au bon traitement. Le Coran et la Sunna insistent sur le respect de sa dignité et interdisent de le repousser ou de le maltraiter. Le tuteur doit agir dans l’intérêt exclusif de l’enfant et sera interrogé par Allah sur la manière dont il a rempli cette responsabilité.
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